Qu’attends tu peuple de Côte D’ivoire ?
De l’espoir à la démocratie, la Tunisie n’a mis que deux jours
Confronté à un soulèvement populaire depuis près d'un mois, Zine El-Abidine Ben Ali a finalement été contraint de quitter le pouvoir, ce vendredi. Mohammed Ghannouchi assure l'intérim jusqu'à l'organisation d'élections anticipées. La révolution a eu lieu. Près d’un mois après le début du soulèvement populaire déclenché par l’immolation d’un jeune marchand de Sidi Bouzid le 17 décembre, je dis bien un seul jeune (message aux ivoiriens), le président Zine El-Abidine Ben Ali a quitté le pouvoir, ce vendredi, qu’il laisse aux mains de son Premier ministre, Mohammed Ghannouchi. Quelques heures auparavant, le président Ben Ali avait décrété l’État d’urgence et un couvre-feu dans tout le pays, interdisant tout rassemblement sur la voie publique et autorisant l’armée à tirer sans sommation sur tout manifestant refusant d’obéir. Malgré ses discours d’ouverture et d’apaisement, le président est partie.il n’a plus aucune légitimité, le peuple l’a sorti de son soi disant légalité. La légitimité appartient au peuple, et en Côte D’ivoire, les FDS, la RTI et « son président de la république »devrait le savoir.
Deux facteurs ont pu jouer. D'abord la pression américaine : la pression des Etats Unis, notamment des déclarations de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton. Le président tunisien répond en quelque sorte aux demandes de Washington, qui ne remettait pas en cause le régime, mais a souhaité qu'il lâche du lest. Ensuite, il y a la pression de la rue. Ce qui est très important, c'est que le mouvement social a gagné la capitale tunisienne et ses faubourgs.
Étant donnés la radicalisation et la politisation du mouvement, son extension à de très nombreuses villes, la participation de multiples acteurs - le syndicat unique, des partis politiques, des ordres professionnels dont celui des avocats, etc. -, on peut affirmer que le peuple a récupérer son pouvoir. Que ce soit le bourgeois de Tunis ou l'ouvrier qui gagne 80 euros par mois, ils ne croyaient plus en ce régime.La population a placé la barre plus haut. Elle voulait en finir non pas seulement avec le président Ben Ali, mais aussi avec tout son système. Elle a lutté pour un changement de régime et contre la corruption, qui existe essentiellement au niveau de la présidence.
Toi, mon frère ivoirien, à quoi penses tu en regardant la situation en Tunisie ?
Là, où il a suffit d’un mois de souffrance pour changer les choses, toi, tu acceptes de souffrir plus de dix ans durant. Là, où il a suffit d’un seul décès, toi, tu acceptes le génocide.
Là, où en deux jours, le peuple a dit prenons la rue, nous avons du mal à sortir chez nous parce qu’on ne veut pas mourir ?
Toi, soldat Ivoirien, n’as-tu pas vu ton frère tunisien embrassé son compatriote qui marchait ?
Toi, soldat ivoirien, n’as-tu pas vu également ton frère tunisien faire le gbô à son frère qui disait non à son président ?
En Tunisie, les soldats ont tiré sur la foule, mais la foule a eu raison du président dictateur. Le peuple fini par avoir toujours raison. Peuple de Côte d’ivoire, si nous nous contentons des menaces de la communauté internationale, du président ADO et de son premier ministre soro, nous n’allons jamais nous en sortir. Acceptons de prendre notre destin en main, en projetant une marche, il y a déjà plus 300 tués, il y en aura davantage si nous sortons, mais nous finirons par triompher du diable. Peuple de côte d’ivoire, ceci est une simple interpellation avant l’action, soyons digne, et réfléchissons sur l’acte des tunisiens ;nous avons plus que besoin d’espoir et de démocratie.Merci
D.Djakis
Journaliste, directeur de publication
d.djakis@yahoo.fr
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