Élisabeth Tshala Muana Muidikayi, plus connue sous le nom Tshala Mwana, star de la musique congolaise, reine du « Mutuashi », danse traditionnelle du peuple Luba, dont l’origine remonte probablement au Moyen âge, est décédée ce samedi 10 décembre 2022 à Kinshasa2. Tshala Mwana a vu le jour le 13 mai 1958 à Élisabethville (aujourd'hui Lubumbashi).
Tshala était une chanteuse, danseuse, productrice, actrice, et femme politique congolaise, originaire du Kasaï Occidental. Tshala Mwana a permis au « Mutuashi » d’écrire ses lettres de noblesse. Elle a modernisé cette danse traditionnelle. Qui va faire d’elle, une célébrité musicale en Afrique. Tshala sera aussi appelée affectueusement par ses compatriotes « Mamu nationale »( mère de la Nation).
Tshala Mwana a séjourné en Côte d’Ivoire dans les années1980. C’est à Abidjan, que sa carrière va prendre son envol. Avec des titres à succès, notamment « Jeter cauris ». Qui fut un tube dont parlent encore aujourd’hui, certains mélomanes de cette époque. La Côte d’Ivoire est une plaque-tournante de la musique africaine. La plupart des artistes africains ont eu leur salut à partir de la Côte d’Ivoire. Ils sont légion. On peut citer pêle-mêle : Sam Magwana, Bibi Dens, Zitany Neil (Marcory-Gasoil (en 1990), Tshala Mwana, Evoloko, Asabia Crooper(Ghanée (saxophoniste), ITce Cool…
Deuxième d’une fratrie de dix enfants, Tshala Mwana, est la fille d’Amadeus Muidikayi, militaire, et d’Alphonsine Bambiwa Tumba, mère au foyer. En 1964, à peine âgée de 6 ans, elle perd son père, assassiné à Watsha par les maquisards ulelistes, pendant la guerre du Katanga. Elle est élevée par sa mère, qui décède en 2005.
Discrète, elle le fut. Au point que sa vie privée, on en savait quelque chose que par le biais des rumeurs. Dont l’une lui aurait prêté des relations avec l’ancien président Laurent-Désiré Kabila. En Côte d’Ivoire, elle aurait eu quelques aventures amoureuses avec Papa National, feu, François Lougah.
En 1997, Tshala rentre au pays, après une vingtaine d’années passées à Paris.
Elle s’engage en politique, aidée par le président Laurent-Désiré Kabila. Elle crée « l’association Refeco »( Regroupement des femmes congolaises). De 2000 à 2002, elle siège comme Députée au sein de l’ACLPT (Assemblée constituante et législative du Parlement de transition). Par la suite, elle devient présidente de la Ligue des femmes du PPRD4 (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), parti politique créé en 2002 par le président Joseph Kabila, fonction qu'elle occupe jusqu’à son décès aujourd’hui.
En 2011, elle connaît la défaite aux législatives, dans la circonscription de Kananga, la ville de son enfance. Tshala a contesté les résultats. Pour elle, « l'élection fut truquée ». Son engagement politique lui donne de réaliser des chants politiques et patriotiques à succès. Sa dernière production scénique à Paris date de 2010.
À partir des années 2000, Tshala Muana s’autoproduit. A partir de 2008, elle opte de produire de jeunes talents, notamment MJ30, Jos Diena, Lula Tshanda, et Boss Bossombo. Sa dernière collaboration musicale était avec Peter Komondua dans la chanson « afrotopia ».
Le samedi 10 décembre 2022, Tshala Mwana meurt à Kinshasa.
Durant toute sa carrière musicale, elle a « valablement défendu le rythme mutuashi de la langue tshiluba », au point qu'elle « sera surnommée : « La Reine du Mutuashi ».
Sa discographie est riche. 1984 : Mbanda
matière, 1985 : Kami, Nasi nabali e M'Pokolo, 1987 : La Divine et Antidote, 1988 : Munanga et Biduaya, 1989 : The best of Tshala Mwana, etc.a
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