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En 2025, malgré la multiplication des méthodes contraceptives – pilules, implants, préservatifs ou stérilets – les grossesses non désirées chez les jeunes filles en Côte d’Ivoire restent un problème criant. La question dérange : pourquoi tant de mineures et de jeunes femmes tombent-elles encore enceintes sans l’avoir choisi ? Est-ce par ignorance, par pression sociale ou parce qu’elles n’ont tout simplement pas le choix ?

Des contraceptifs, mais pas pour toutes

Sur le papier, l’offre est large. Dans la réalité, l’accès reste un privilège. Dans les zones rurales, les moyens de contraception sont rares. En ville, ils coûtent cher, et les jeunes filles craignent souvent le regard accusateur du personnel de santé ou de leur entourage. Résultat : beaucoup préfèrent renoncer, au risque d’une grossesse imprévue.

L’éducation sexuelle, grande absente

Le véritable nœud du problème est ailleurs : l’éducation sexuelle. Sujet encore tabou dans les familles, timidement abordé à l’école, il laisse les adolescentes livrées à elles-mêmes. Beaucoup découvrent la sexualité par leurs amies ou sur les réseaux sociaux, où circulent rumeurs et idées fausses : "On ne tombe pas enceinte la première fois", "On est protégée pendant les règles"… Des mythes qui mènent droit à la maternité précoce.

À cela s’ajoute la pression masculine. Partenaires plus âgés, refus d’utiliser un préservatif, chantage affectif : souvent, la voix des jeunes filles ne pèse pas lourd dans la décision. Certaines cèdent par peur de perdre leur petit ami, d’autres pensent que tomber enceinte prouve leur amour ou leur maturité.

Au-delà de la "naïveté"

Parler de naïveté serait une erreur. Ce n’est pas l’inconscience seule qui explique ces grossesses, mais un système défaillant : manque d’informations fiables, absence d’autonomie et inégalités de pouvoir. Accuser les filles, c’est ignorer les racines du problème.

La solution passe par une révolution éducative et sociale : introduire une vraie éducation sexuelle dans les écoles, encourager le dialogue dans les familles, rendre les contraceptifs gratuits et accessibles en toute confidentialité. Mais surtout, impliquer aussi les garçons et les hommes : la prévention ne peut pas reposer uniquement sur les épaules des filles.

Léontine ASSI

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