L’équipe d’Ousmane Sonko engage une vaste opération anticorruption visant plusieurs figures de l’ancien régime. Présentée comme un assainissement, cette initiative soulève des inquiétudes sur l’équilibre entre justice et règlement de comptes politiques.
Au Sénégal, la transition politique prend un tour explosif. Depuis quelques semaines, la justice multiplie les interpellations dans l’entourage de l’ancien président Macky Sall. Ministres, conseillers et hommes d’affaires réputés proches de l’exécutif déchu sont visés par une campagne baptisée « mains propres ».
Le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko assure vouloir « rendre des comptes au peuple » et rétablir la transparence dans la gestion publique. Mais cette opération, perçue par certains comme une revanche politique, accentue la polarisation du pays. Les soutiens de l’ancien régime dénoncent une « chasse aux sorcières », tandis que la société civile réclame des procédures irréprochables et un traitement équitable des dossiers.
Derrière l’affichage moral, la bataille est aussi politique : Sonko doit prouver que la rupture promise avec le système Sall ne se limite pas à un slogan. Reste à savoir si la justice sénégalaise disposera d’une véritable marge d’action, libre de toute influence, ou si cette croisade anticorruption tournera à l’épreuve de force entre deux camps rivaux.
Par N'Deye S.
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