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De 20.000 FCFA à un empire : Koua Yves Sylvain, patron d’imprimerie, d’hôtel et de papeterie, dénonce l’asphyxie des PME ivoiriennes par des « entreprises fantômes » qui raflent les marchés publics.

Self made man parti de rien en 1999, Koua Yves Sylvain est aujourd’hui président national du Réseau ivoirien des TPME. Son constat est brutal : « en Côte d’Ivoire, payer ses impôts devient un handicap » Pourquoi ? S’interroge t-il. Selon lui, des « entreprises boîte aux lettres » sans siège, sans employés, sans charges, décrochent les marchés de l’État avec une facilité déconcertante. Pendant ce temps, les PME légales croulent sous la CNPS, les taxes, les loyers, les salaires. Le scandale est simple : deux poids, deux mesures.

D’un côté, des PME formelles. Un siège. Du personnel déclaré. Des impôts fonciers. Des obligations sociales. Des équipements. Elles font vivre l’économie réelle. De l’autre côté, des structures fantômes. Un registre de commerce. Un numéro de téléphone. Zéro charge. Zéro contrôle. Et pourtant, elles raflent les appels d’offres publics.

« Nous sommes mis en concurrence avec des structures introuvables physiquement », s’indigne Koua Yves Sylvain. Concurrence déloyale ? Non. Concurrence illégale. Imprimerie, hôtellerie, bâtiment, papeterie : la saignée est générale. Les PME investissent, forment, déclarent. Les autres encaissent. En cas de litige, les fantômes s’évaporent. Le fisc ne les connaît pas. La CNPS non plus. Mais l’argent public, lui, arrive sur leurs comptes.

La question qui tue : comment une entreprise sans adresse décroche un marché d’État ? Pour le patron des TPME, la réponse est claire : failles administratives et complicités internes. L’administration valide des dossiers de façade sans vérifier l’existence réelle, le personnel, la conformité fiscale, les équipements. Conséquence : on tue les entreprises citoyennes. Quand une PME ferme, ce sont des emplois déclarés qui sautent, des recettes fiscales qui s’évaporent, un savoir-faire national qui meurt. Exemple choc : l’hôtellerie. Les hôtels classiques subissent normes sécuritaires, sanitaires, fiscales. En face, des « résidences meublées » hors-la-loi cassent les prix. Aucune taxe claire. Aucun contrôle. Résultat : les vrais professionnels sont étranglés.

Même scénario dans l’imprimerie : des marchés attribués à des opérateurs sans machines, sans locaux. On finance l’économie de façade et on détruit la compétence. L’urgence selon M. Koua Yves Sylvain : un fichier national unique. Impôts, Commerce, CNPS, Mairies, Ministères : tout doit être interconnecté. Savoir qui existe vraiment, où, avec quels moyens:. Finie l’opacité. Sa proposition coup de poing ; réserver une part des marchés publics aux TPME 100% conformes. Vérification physique obligatoire avant signature. Protéger les vrais acteurs avant de rêver de champions nationaux.

Son message à l’État est sans filtre :

Tolérer des entreprises fictives dans la commande publique, c’est institutionnaliser le suicide économique. Protéger les PME légales, c’est protéger l’emploi, la fiscalité, la stabilité. La Côte d’Ivoire est à la croisée des chemins. Veut-elle bâtir son émergence sur la transparence et l’équité ? Ou laisser des circuits opaques détruire ses propres fondations ?

Avec ce système, respecter la loi devient un handicap compétitif. En tout état de cause, l’on tenté de dire que c’est tout le « doing business » ivoirien qui perd sa crédibilité. Nous espérons que les autorités compétentes prendront des dispositions utiles pour freiner cet état de fait. 

 

Nesmon De Killer

 

 

 

 

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