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L’imposture par l’image.

À Gagnoa, certains communicants semblent avoir trouvé une nouvelle discipline : annoncer un projet… avec la photo d’un autre. Et le plus inquiétant, c’est qu’ils le font avec un sérieux désarmant.

L’ouverture de l’Université Internationale Albert et Bernadette Gahié, prévue pour septembre 2026, aurait pu être un motif de fierté collective pour le Gôh. Une université portée par une fille du terroir, financée par des ressources privées, avec à la clé 150 bourses qui selon leur propre communiqué sont annoncées pour des bacheliers. Un projet ambitieux. Une initiative rare. Un signal fort pour la jeunesse.

Mais au lieu de célébrer clairement o lol 0 cette œuvre, le cercom de “Gagnoa Nouveau” a préféré offrir aux populations un exercice de confusion grandeur nature.

La photo qui dérange

Dans une publication Facebook censée présenter l’Université Internationale Albert et Bernadette Gahié, “Gagnoa Nouveau” a illustré son texte… avec la photo du siège du Conseil régional du Gôh, présidé par M. Djédjé Joachim dit Bagnon.

Oui, vous avez bien lu.

On annonce une université privée, mais on affiche le bâtiment d’une institution publique qui n’a strictement rien à voir avec le projet.

Et là, une question saute immédiatement aux yeux : comment un service de communication peut-il prétendre accompagner un projet universitaire sans être capable de montrer ni le site, ni un panneau, ni même une maquette du futur établissement ?

KOUTOUBOUYE ! Quand l’erreur devient suspecte

L’affaire aurait pu passer pour une simple maladresse. Mais le problème est plus profond.

Car le président du Conseil régional est lui-même associé à un projet universitaire. Dès lors, utiliser l’image du Conseil régional pour illustrer l’université de Docteur Gahié Solange Georgette ne ressemble plus à une simple coquille graphique. Cela ressemble à une opération de brouillage.

Hasard ? Négligence ? Calcul politique ?

La question mérite d’être posée.

Pourquoi choisir précisément cette image ?

Pourquoi aucune correction rapide ?

Pourquoi cette incapacité à donner une identité visuelle propre à l’université ?

Dans n’importe quelle autre ville, annoncer l’ouverture d’un hôpital avec la photo de la mairie ferait rire tout le monde. À Gagnoa, certains veulent faire passer cela pour de la communication normale.

Une manière élégante d’effacer la fondatrice

Le plus choquant dans cette affaire, c’est le traitement réservé à la véritable initiatrice du projet : Docteur Gahié Solange Georgette.

Pendant qu’on exhibe le bâtiment du Conseil régional, la fondatrice, elle, disparaît presque du décor. Son œuvre est racontée sans être montrée. Son projet est présenté sans identité propre. Même son nom est régulièrement déformé en “Gahe”.

En pays bété, le nom est sacré. Le déformer sans cesse n’est pas un détail. C’est une forme de négation.

Et pourtant, les faits sont connus :

l’université porte sa vision ;

le financement vient de son groupe ;

le modèle pédagogique est le sien ;

le projet est lié à son engagement dans l’éducation, après le Lycée de Bobia.

Le reste relève du décor politique.

Parrain n’est pas fondateur

L’annonce des 150 bourses d’étude avait été faite à Guêmênêdou, sous le parrainage d’Ange Pierre Gnagno Bayoro.

Mais parrainer une cérémonie ne signifie pas créer le projet.

Être présent à une annonce ne fait pas de vous le propriétaire de l’idée. On ne signe pas l’acte de naissance d’un enfant simplement parce qu’on était assis au premier rang.

Pour plusieurs observateurs, certains acteurs politiques tentent aujourd’hui de récupérer une initiative privée afin de se fabriquer une image de bâtisseur social. Une stratégie classique : apparaître partout, même là où l’on n’a pas construit un seul mur.

Une faute professionnelle

Cette communication brouillonne fait perdre tout le monde :

la fondatrice est invisibilisée ;

l’université perd sa propre image ;

la population est induite en erreur ;

et “Gagnoa Nouveau” passe pour une structure incapable de distinguer un Conseil régional d’une université privée.

Pour un organe qui se veut “officiel”, le minimum aurait été de respecter les bases élémentaires de la communication institutionnelle : identifier correctement le projet, montrer ses références et éviter les amalgames douteux.

Gagnoa mérite mieux que la récupération

Le Gôh a besoin de projets sérieux, pas de mises en scène politiques déguisées en communication.

Les jeunes attendent des repères clairs, pas des affichages confus. Ils veulent savoir qui construit quoi, qui finance quoi et qui assume quoi.

À force de vouloir récupérer toutes les initiatives, certains communicants finissent par fabriquer une seule chose : la méfiance.

Une université ne se construit pas avec des montages approximatifs et des jeux d’ombre. Elle se construit avec une vision, des moyens et du respect pour ceux qui portent réellement le projet.

Et en septembre 2026, le nom qui sera inscrit à l’entrée de cette institution ne sera ni “Conseil régional”, ni “cpolitique. Et Gagnoa commence à en entendre beaucoup trop.

Nesmon De Killer 

 

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Tag(s) : #Société
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