| 4 février 1945 Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde Ouverture de la conférence de Yalta | ||
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Dans les médias...
| Marcel Gimont, « De Yalta à San Francisco » «...Nous l'avouerons, nos espoirs sont assez minimes, et l'on peut se demander si ce n'est pas de ce côté-là qu'est intervenu le compromis qui a amené les Russes et les Américains à faire, les premiers en ce qui concerne leurs voisins, les seconds en ce qui concerne le traitement réservé à l'Allemagne, un échange de concessions dont on a tiré au bout du compte un accord. Enfin, et d'un point de vue qui n'est pas celui où se placent à l'étranger les promoteurs d'alliances et les grands découpeurs de zones d'influence, nous continuons à considérer que les Trois ont commis une maladresse en écartant la France de débats qui ne peuvent trouver de solutions raisonnables qu'en sa présence. Pourquoi différer ce qu'il eût été sage et courtois d'accepter sans délai ? Tchang-Kaï-Chek lui-même si nous l'interrogions, serait probablement de notre avis, car, sans vouloir le désobliger en aucune façon, nous nous habituons difficilement à voir aujourd'hui la France et la Chine sur le même rang. » Combat (France), 14 février 1945, p. 1. Wladimir d'Ormesson, « Les décisions des « Trois » » «...Les « Trois » ont fixé les principes qui régiront l'occupation de l'Allemagne. (...) En ce qui concerne la question polonaise et la situation en Yougoslavie, les « Trois » semblent avoir trouvé les seules formules qui fussent possibles. (...) Tels sont les principaux faits concrets qui ressortent de la déclaration de Yalta. Le reste relève plutôt de la littérature politique internationale. Il s'agit, en effet, des principes qui doivent régir et le maintien de la paix et l'organisation de la sécurité et le retour à l'ordre normal de l'Europe libérée. Ces principes sont justes et sages. Mais ils sont nécessairement théoriques. Or depuis vingt-six ans le monde a fait une telle consommation de principes justes et de sages théories - et tout cela a sombré dans une si abominable faillite - que l'on éprouve on ne sait quelle saturation à l'égard de certains mots. La sécurité sera très facile à assurer au lendemain de la guerre. Les choses deviendront plus difficiles dans les décades qui suivront. C'est à ce moment-là aussi qu'il ne faudra pas commettre la folie de prendre les mots pour de la sécurité. » Le Figaro (France), 14 février 1945, p. 1. Paul Sauriol, « Succès de Staline sur la question polonaise » «...Il est évident que M. Staline a remporté une victoire complète au sujet de la question polonaise. L'armée rouge a chassé les Allemands de la Pologne. Moscou a installé le gouvernement provisoire pro-soviétique, et MM Roosevelt et Churchill se sont trouvés devant un fait accompli. Sauf des atténuations dans la phraséologie, ils ont capitulé. Les trois chefs disent carrément que la frontière orientale de la Pologne suivra la ligne Curzon, avec quelques corrections de détail en faveur de la Pologne; cela veut dire que la Russie acquiert environ la moitié du territoire de la Pologne, tel qu'il était lorsque les Alliés - dont le Canada - ont déclaré la guerre pour défendre l'intégrité territoriale de la Pologne. Selon le projet préconisé par M. Staline, on promet des compensations territoriales à la Pologne au nord et à l'ouest. Toutefois, il est établi en principe que les questions de frontières ne seront résolues qu'après la guerre. Comment tout cela peut-il se concilier, c'est difficile à dire. Mais là aussi on aura un fait acquis, car le gouvernement provisoire de Varsovie a annoncé son intention de prendre immédiatement le gouvernement civil des territoires allemands qu'il veut garder, notamment tout ce qui est à l'est de l'Oder et de la Neisse. » Le Devoir (Québec, Canada), 13 février 1945, p. 1. S.A., « History at Yalta » «...The past has seen nothing like the meeting at Yalta this month. In no previous war, hardly in any previous decade, could there have been such a meeting. Though distinguished characters arrived on battleships the transoceanic plane was essential. But the plane, the radio, all the apparatus of swift motion and communication, were not mere mechanisms making a beginning of world unity possible. We can think of them also as the expressions of the human desire for such unity. Without them it would still have been essential to any justified hopes for peace that Russia, Britain and the United States should not have fatally conflicting aims. The necessity and the instruments to deal with it fortunately developed together. (...) This was history of a sort. But the history made there this month is the history of the meeting of men from the ends of the world, of an attempt at reconciling ideas in many respects far apart. Perfection could not result. Beginnings never do yield perfection. It is the beginnings, just the same, that are often most vividly remembered...» New York Times (États-Unis), 14 février 1945, p. 18. |
Gouvernance et gouvernement [ 4 février 1945 ]
| Pays | Niveau de démocratie | Chef de l'État | Chef du gouvernement |
| États-Unis | Élevé | Franklin D. Roosevelt | |
| Russie | Faible | Mikhail Kalinine | Joseph Staline |
| Royaume-Uni | Élevé | George VI | Winston Churchill |
| Pologne | Transition | Boleslaw Bierut | Edward Osóbka-Morawski |
| Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple). | |||
Évolution des composantes du système politique
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