Accepteriez-vous d’élever l’enfant de votre ex ?
Chez certains couples dont la femme ou l’homme s’est remarié, élever l’enfant de son ex ne pose aucun problème. Au contraire d’autres, de loin les plus nombreux, qui comprennent difficilement pourquoi s’attarder sur l’éducation des enfants qui ne sont pas les leurs. Même si ce sont les enfants de l’homme ou de la femme qu’on aime.
‘‘Elever l’enfant de mon ex. Mais pourquoi même ?’’ C’est la question que nous a posée notre premier interlocuteur qui s’étonnait que certaines personnes n’aient pas encore compris les dessous ‘‘cachés’’ qui peuvent surprendre l’homme ou la femme qui accepte ça. En effet, pour M. KOFFI S. (Gérant de Station d’essence) : « vraiment, il y a des gens qui n’ont encore rien compris sur cette terre. Pourquoi dois-je accepter de prendre l’enfant de ma femme à la maison chez moi ? Et son père, où est-il ? Que fait-il ? Dans tous les cas, je ne peux jamais accepter d’élever l’enfant de quelqu’un d’autre ». Lorsque nous lui faisons remarquer que l’enfant de son épouse est son enfant puisqu’il est l’époux de sa mère, il hausse le ton : « ceux que cela amuse de vouloir héberger et élever les enfants de leurs femmes, cela les regarde. Mais il n’est pas question que j’accepte cela. L’enfant a un père qui l’a mis au monde. Ce dernier doit prendre ses responsabilités en gardant son enfant avec lui. Pourquoi est-ce quelqu’un d’autre qui doit élever son fils à sa place ? C’est un prétexte que certaines femmes ont trouvé pour se rapprocher de leurs ex dont elles croyaient incapables de se séparer d’elles, voire de se remarier. Et une fois que ces ex-là ont compris que leurs places sont perdues pour toujours, la seule solution qui s’offre à elles est de venir vous déposer l’enfant dont elles n’ont jamais voulu se séparer ». Cette explication vaut ce qu’elle vaut mais, faut-il y donner caution ? Puisque se ravisant comme s’il avait peur de ce que certaines personnes pourraient penser de ces déclarations préliminaires, M. KOFFI S. ajoute : « Dans tous les cas, même si j’accepte de garder l’enfant de mon ex, ce sera avec l’accord de mon épouse. Car c’est elle la maîtresse de maison ». Le mot est lâché. La maîtresse de maison. En effet, que l’on soit marié ou que l’on vive en concubinage, une seule et même personne est incontournable dans la décision finale d’accepter ou refuser d’élever l’enfant de son ex, ne pourra se prendre qu’avec l’épouse, parce que cela ne peut se faire autrement. L’homme bien que chef de famille doit toujours en parler à sa femme avant de décider quoi que ce soit. Même si la femme doit déposer un enfant chez son père, ce dernier est obligé d’en référer à son épouse. Qui décide en dernier ressort. Mme Sita O. (Secrétaire dans une ONG à Ouangolodougou) ne dit pas autre chose. Pour elle, «si mon mari m’informe de l’arrivée de l’enfant d’une de ses ex, je ne donnerai mon accord que si lui, veut vraiment garder cet enfant qui n’est pas le sien. Parce que je ne voudrais pas que dans le futur, il ait à me reprocher d’avoir refusé une chance à cet enfant. » Ainsi, l’enfant de l’ex-femme peut être accepté juste pour rendre service. En effet, comme plus d’un l’a dit, pourquoi ne pas accepter de donner une chance à l’enfant de l’ex, juste pour rendre service. Parce qu’il est possible que vu les relations au beau fixe que l’ex garde avec son homme, ce dernier puisse vouloir aider.
Pour Mme HAJO A. (Professeur d’Anglais au Lycée Moderne de Treichville : « Il n’y a vraiment pas de problème pour qu’une femme ou un homme élève l’enfant de son ex. Mais tout dépend des conditions dans lesquelles, l’homme et la femme se sont séparés. Parce que si les deux se sont séparés sur des grincements de dents, il est fort à parier qu’il leur sera vraiment très difficile de se rendre ce service. Par contre, si la séparation s’est faite en ‘‘fair-play’’, comme cela se dit par les jeunes des quartiers populeux d’Abobo et Yopougon, ce sera même avec joie que cet enfant sera accueilli dans sa nouvelle famille ». Il est donc possible à entendre Mme HAJO A., que l’homme ou la femme peut accepter d’élever l’enfant de l’un ou l’autre. Cependant, certains hommes veulent bien essayer mais en posant des balises telles que cela ressemble à un refus assez poli. Comme Norbert F. qui insiste pour qu’on écrive ce qu’il affirme : « Cet enfant n’est pas de moi mais de mon ex femme. Donc d’un autre homme. Si mon ex me demande ce service, car ç’en est un, je le lui rendrai mais tout en lui imposant des règles à suivre et des conditions pour que j’accepte son fils chez moi. Elle doit avant tout ne pas manquer de respect à mon épouse qui est la maîtresse de maison. En aucun cas, mon ex-femme ne devra venir chez nous au-delà de 20heures. Si elle veut voir son enfant qui est le nôtre, parce que c’est nous qui l’élevons, mon ex femme devra en informer ma femme. Parce que les ex, on les connaît trop dans ce pays-là. Dès que vous allez vous retrouver seuls, c’est pour regretter de vous avoir quitté ou de s’être fait trompée en écoutant les bouches des gens. Pour éviter des problèmes qui vont mettre mon foyer à mal, je préfère que ses visites soient réglementées par mon épouse.
Mais l’inverse peut-il être vrai ? Car lorsqu’on parle d’ex, il ne s’agit pas seulement des femmes, mais aussi des hommes. A l’instar des femmes qui peuvent ou ne peuvent pas accepter l’enfant d’un ex, qu’en pensent les femmes ? Mlle Antoinette DIOMANDE (Assistante Sociale au Centre Médico-Scolaire de Yamoussoukro : « est-ce que si je demande la permission à mon homme de faire venir l’enfant de mon ex à la maison, il va accepter ? Je ne pense pas. D’autant qu’il n’est pas mon enfant mais celui de mon ex. Et pourtant, s’il me le demande et que je refuse, ce sera parce que je suis méchante, jalouse, mauvaise. Tout cela parce que je ne veux pas élever l’enfant d’autrui. » A entendre Mlle Antoinette DIOAMANDE, il serait plus facile aux femmes d’accepter d’élever l’enfant de leurs ex que les hommes. Pour qui, c’est même impossible.
Dans tous les cas, il est à mon sens inconcevable pour un homme qui aime son épouse et désire garder son foyer bien équilibré, d’accepter d’entrer dans ce genre de relations. Qui à la longue va perturber la vie du couple. Lorsqu’on met un enfant au monde, le devoir des parents est de lui donner une bonne éducation, le nourrir, le blanchir, le soigner. En un mot, s’occuper de son bien-être. Et ceci doit être à l’actif du géniteur. Il ne faut pas, sous prétexte que l’ex-mari était un homme généreux, lui déposer les enfants qu’on aura eus après l’avoir quitté. Sinon, chaque ex-femme se débarrasserait de son enfant qu’elle irait déposer chez son ex-mari. On n’en finirait pas.
A moins que cet enfant soit celui de l’ex qu’on lui aura caché en l’attribuant à l’autre. Et découverte, l’ex-femme, sous le prétexte de demander un service, va rapprocher l’enfant du père. Nous voulons penser que non, malgré ce que nous a affirmé Yolande B. (Educatrice d’Internat) : « Parmi nous les femmes, il y en a qui sont très vicieuses. Certaines se marient avec les uns par intérêt, et entretiennent des relations coupables avec d’autres, par amour. Or généralement, on ne fait des enfants qu’avec les hommes qu’on aime. Mais si ceux avec qui nous sommes mariés par intérêt se rendent compte que nous les trompons, ils nous mettent dehors. Pendant ce temps, nous portons une grossesse qui est généralement de notre amant. Qui très souvent ne peut même pas se gratter. Notre ultime recours se trouve être notre ex-mari. Même s’il est marié. Nous allons jouer alors notre va-tout en lui demandant, bien que ce soit un peu risqué, de nous aider en prenant le fils d’un autre(en réalité le sien) chez lui. » Au regard de ce qu’il convient de qualifier de confession, il est sûr et certain que nombre d’ex-maris vont y réfléchir par deux fois avant de donner caution à une quelconque ex qui se risquera à lui demander d’élever le fils de son ex.
L’Avis du Spécialiste : (M. KOFFI Brou Ambroise)
‘‘C’est possible si l’on s’est quittés en de bons termes’’
"Certaines femmes ont souvent des approches plus que fines pour réconquérir leur ex. aussi, leur demander de bien vouloir accepter de garder leurs enfants chez eux alors qu’ils n’en sont pas les géniteurs font partie d’un plan de reconquête tout à fait bien érodé. Seulement, dans ces cas d’espèces, il y a en dessous comme un zeste de provocation. Car comment comprendre qu’une ex veuille que l’homme qu’elle a quitté et qui a donc refait sa vie puisse s’occuper d’élever un enfant qui n’est pas de lui ? Cela peut soulever plus d’une question pire, un doute. Le père de l’enfant que l’ex veut caser chez son ancien compagnon de vie, peut douter de la paternité de cet enfant. En se demandant légitimement pourquoi son épouse veut que ce soit son ex qui élève leur enfant ? Plutôt que lui qui en est le père ? Et ce sera une occasion pour ce dernier de se séparer de son épouse. Qui peut-être voulait soustraire l’enfant à un environnement malsain. Car il se peut que le père de l’enfant soit de nature violente et le batte pour un oui ou pour un non. Angoissée, elle peut penser à cette solution extrême dont elle est obligée d’avoir recours. Mais vraiment, il serait préférable de ne point tenter le diable. Si les ex se sont quittés en de bons termes et que l’épouse de l’ex est conciliante, c’est possible. Mais connaissant les femmes, il est possible qu’elle accepte, en accord avec son homme, d’élever l’enfant de l’ex de son homme. Mais ce sera pour un bout de temps. Parce qu’il suffit d’une mauvaise humeur d’un jour pour que la situation devienne explosive. Donc l’enfant ayant un père, il serait souhaitable que ce dernier s’en occupe."
Propos recueillis par Urbain Kadjo
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