Le respect des aînés, jadis fondement des sociétés africaines, se désagrège à vue d’œil. Là où les jeunes écoutaient pour apprendre, ils contestent, ricanent et méprisent. Une mutation profonde s’opère : le respect n’est plus une valeur, c’est devenu une option.
Le savoir des anciens balayé
Autrefois, les aînés étaient les gardiens de la parole et de la sagesse. Aujourd’hui, ils peinent à se faire entendre dans un monde dominé par les écrans. Sur TikTok ou Instagram, le jeune ne reconnaît d’autorité que celle des influenceurs. L’ancien, lui, est relégué au rôle d’observateur impuissant, perçu comme dépassé.
Insolence, le nouveau style de vie
Répondre, provoquer, ridiculiser : l’insolence s’affiche désormais comme un signe d’assurance. Sur les réseaux, plus on choque, plus on est populaire. L’humilité n’attire plus, la politesse devient ringarde. Être insolent, c’est “avoir du caractère”. Une dérive inquiétante.
Familles et écoles dépassées
Les parents n’ont plus le temps d’éduquer, pris dans la course à la survie économique. L’école, elle, a cessé d’inculquer le respect. Résultat : une jeunesse bardée de diplômes mais pauvre en valeurs. Elle se croit libre, mais ignore les codes du vivre-ensemble.
2050 : le fossé des générations
Si rien ne change, le futur sera celui d’un monde sans repères. Les anciens vivront isolés, marginalisés par des jeunes qui n’écoutent plus personne. Le dialogue entre générations deviendra un souvenir, remplacé par des échanges froids, souvent virtuels.
Une lueur d’espoir
Heureusement, certains jeunes refusent cette dérive. Des associations, des éducateurs et même quelques influenceurs rappellent l’importance du respect et de la décence. Mais leurs voix restent faibles dans le vacarme numérique.
L’insolence n’est donc pas juste une mauvaise habitude : c’est le symptôme d’une société malade de son égocentrisme. Le respect des aînés n’est pas un vestige du passé. C’est une boussole morale. Sans elle, la jeunesse avance vite, mais sans direction.
“Une génération qui ignore son passé marche dans les ténèbres.” [Kwame Nkrumah.]
Par Dr Koffi BROU
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