Il y a un peu plus de trois mois, au Cameroun. L’écrivain-journaliste Charles Onana, originaire de ce pays d’Afrique centrale, organise la dédicace de son dernier ouvrage intitulé « Côte d’Ivoire : Le coup d’Etat ». Un livre d’investigations qui met en lumière les tractations qui ont abouti au renversement du Président Gbagbo. L’ex-ministre Justin Katinan Koné, porte-parole de Laurent Gbagbo, est invité à cette importante cérémonie. Les autoritrés camerounaises, sous la pression de la France de Nicolas Sarkozy, interdisent la dédicace de cette oeuvre-vérité. Dans la foulée, on annonce l’arrestation du porteparole du Président Gbagbo. L’information fait le tour du monde en une fraction de seconde. Les facebookers la reprennent avec leurs commentaires. Les minutes qui suivent, une information contraire est diffusée : Katinan n’a pas été arrêté. La police camerounaise a plutôt mis la main sur un jeune Ivoirien travaillant dans la communication et exilé dans le pays de Paul Biya. Les policiers camarounais l’ont confondu à Katinan. Il passera cependant quelques jours dans un commissariat, le temps, avait-on dit, de prodéder à la vérification de son identité. Puis on apprendra plus tard qu’il a été relâché. Mais entre temps, l’ambassade de Côte d’Ivoire au Cameroun avait déjà envoyé un télégramme à la Chancellerie à Abidjan pour donner l’information de l’arrestation de Justin Koné Katinan, le porte-parole de Laurent Gbagbo, que le nouveau pouvoir d’Abidjan recherche depuis longtemps. On ne sait plus très bien si le télégramme est arrivé à temps et au bon endroit ou si, à cause du démenti porté à cette information, le ministère ivoirien des Affaires étrangères ne s’est plus intéressé à son courrier. Toujours est-il que la semaine dernière, les collaborateurs du ministre Daniel Kablan Duncan sont tombés sur ce télégramme, vieux pourtant de plusieurs mois, et n’ont pas fait attention, heureux qu’ils étaient de détenir la « bonne » information : Koné Katinan, le porte-parole de Laurent Gbagbo a été arrêté au Cameroun. Il est aux mains de la police. Si les moyens sont disponibles, il pourra être rapatrié ce soirmême, dit clairement le télégramme. L’information est rapidement balancée à Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur, qui tient personnellement à avoir la peau de l’ex-ministre en charge du Budget dans le dernier gouvernement du président Laurent Gbagbo. Comme un amateur, il ne prend même pas le temps de vérifier l’information auprès de ses homologues camerounais et balance à son tour l’information de la grosse prise du jour à la télévision « nationale », à la radio et dans la presse imprimée proche de son mentor, Alassane Ouattara. Ainsi, pour ceux qui suivent encore les émissions de la RTI, au dernier journal de 23h, une jeune dame se présente aux téléspectateurs et annonce que Koné Katinan est arrêté au Cameroun et sera rapatrié dans les heures qui suivent. Le quotidien Notre Voie qui, autour de 21h, venait de parler avec le porte-parole de Laurent Gbagbo est naturellement surpris. D’abord de savoir que l’homme se trouvait au Cameroun au moment la communication avait lieu, ensuite qu’il était entre les mains de la police de ce pays-là. Très rapidement, un autre coup de fil. Katinan ne répond pas. Un deuxième, il ne répond toujours pas. Ok ! Pourquoi ne pas joindre un de ses proches ? Dès que celui-ci décroche le combiné, il rassure tout de suite : «Katinan n’est pas là-bas et il ne peut donc pas être arrêté. Appelez-le à nouveau, il vous répondra». C’est cette réponse que, le lendemain et les jours suivants, vous avez eue dans le quotidien Notre Voie. C’est pour cela que nous sommes surpris, et désagréablement, que le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, participe activement au colportage des informations erronées et bassement méchantes. Le mensonge d’Etat, dit-on, est mortel mais pas seulement pour la victime
puisqu’il est prouvé que l’Etat lui-même finit toujours par en pâtir.
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