Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Ces « rumeurs » qui rongent à petit feu Joseph Kabila faute d'une stratégie de communication cohérente

Depuis le début de cette année, Joseph Kabila en est à la « gestion » de la troisième « rumeur » de taille. En janvier, Radio-trottoir annonçait un attentat contre le Chef de l'Etat. À Kinshasa où la rumeur semble avoir plus de crédit que la vérité officielle, c'était la confusion. Marchés, administrations, se vidaient. La panique allait d'autant plus crescendo que les officiels ont tardé à tuer la rumeur.

Le samedi 24 septembre 2005

RÈS d'un mois plus tard, les « braillards » kinois annonçaient la fuite du Président. Distillée un samedi, la rumeur a trouvé dans le week-end un terreau pour mieux se répandre. Il a fallu attendre le lundi pour voir « ces faux bruits » se dégonfler avec le premier duplex de la presse présidentielle disant que Joseph Kabila avait quitté Kinshasa par la grande porte pour une visite officielle dans la partie utile de l'Asie. Il y a une semaine, la capitale congolaise était abreuvée d'une énième rumeur défavorable au « Raïs ».

En pleine grogne sociale sur fond de grève, on attribue au Président un don de 30 millions à la conférence épiscopale tanzanienne. Relayée par quelques tabloïds kinois, la fausse nouvelle a fait le tour des bas quartiers de Kinshasa.

Dieu merci, la haute hiérarchie du clergé catholique dont on ne peut soupçonner la moindre accointance avec les Kabila, a bien fait de tordre le cou à cette calomnie. Jusqu'à ce que mort s'en suive.

Déficit. Pour fantaisistes, voire surréalistes qu'elles puissent paraître, ce flot de rumeurs contre le Président remettent sur le tapis la question récurrente du déficit de communication du pouvoir congolais post-Mobutu. A en juger par les faits, les Kabila (père et fils) apparaissent comme des hommes seuls. Hier, M'zee Kabila se voyait obligé d'être sur tous les fronts - au propre comme au figuré - pour pallier les limites de son entourage. Laurent-Désiré Kabila devait gérer lui-même directement l'armée, la diplomatie, la politique intérieure et même la communication.

Près de cinq ans depuis son avènement au pouvoir, Joseph Kabila ne paraît pas mieux loti que son père. A quelques exceptions près, les différentes écuries qui entourent le jeune Président paraissent préoccupées davantage par leurs équations personnelles que par le souci d'aider le « Raïs » à mieux gouverner. Et surtout à être en phase avec l'opinion intérieure. Pourtant, Joseph Kabila aligne des hauts faits d'armes qui ne demandent qu'à être rentabilisés et vendus politiquement. Pourtant, l'actuel locataire du Palais de la Nation présente des atouts susceptibles d'être exploités non pas de manière folklorique, mais d'une façon réfléchie de manière à ce que les dividendes s'inscrivent dans la durée.

Recettes

Certes, on ne peut pas décréter la mort des stratégies calomnieuses et diffamatoires dans un espace politique dépourvu de débats d'idées. Certes, on ne peut empêcher une population en proie à l'incertitude de l'instant -et à plus forte raison du lendemain- de trouver dans les rumeurs une espèce d'exutoire au mal de vivre. Mais, une politique de communication préventive peut, à tout le moins, réduire la portée destructrice des rumeurs. La posture invariablement défensive qui caractérise les hiérarques du Pouvoir est dans le meilleur des cas semblable à un camion anti-incendie. Ce dernier ne vient qu'après que le feu se soit déclaré.

En clair, la communication basée uniquement sur le démenti comporte des limites. D'autant que très souvent dans le mécanisme de la diffamation, seule compte, hélas, la première accusation. A l'approche de la campagne électorale, il faudra plus que le démenti et la répression pour une occupation heureuse de l'espace sociologique. Visionnaire, sans doute, Joseph Kabila avait prédit une transition agitée. Le Président avait aussi par prémonition, indiqué qu'il était blindé, mieux immunisé contre les attaques ad hominem. A l'évidence, ce seul bouclier ne suffira pas dans un environnement où la rumeur est instrumentalisée avec un certain succès par une classe politique en mal de projet de société.

José Nawej © Forum des AS

Publicité
Tag(s) : #Documents
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :