| Ghana : des besoins en eau plus pressants |
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| Avec près de 2 millions d’habitants, Accra, la capitale du Ghana, est une ville en plein essor. Mais cela n’est pas sans poser des problèmes : des voies de circulation engorgées, un urbanisme galopant et, pour les particuliers, un accès irrégulier ou inégal à l’eau courante. Bien que le Ghana ait accédé au statut de pays à revenu intermédiaire, il reste confronté au double problème du manque de ressources en eau et de services d’assainissement. Le Ghana est cependant l’un des quatre seuls pays d’Afrique subsaharienne à être en voie d’atteindre l’objectif de développement pour le Millénaire (ODM) dans le domaine de l’eau d’ici l’échéance de 2015. Conscients des enjeux, ses dirigeants estiment à 1,6 milliard de dollars par an environ l’investissement à consentir sur une période de dix ans pour doter le Ghana d’une infrastructure adéquate. |
| Au Ghana, les besoins en eau se font plus pressants avec la croissance de l’économie | ||
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Le 3 janvier 2011 – Avec près de 2 millions d’habitants, Accra, la capitale du Ghana, est une ville en plein essor. Mais cela n’est pas sans poser des problèmes : des voies de circulation engorgées, un urbanisme galopant et, pour les particuliers, un accès irrégulier ou inégal à l’eau courante. Certes, l’alimentation en eau potable couvre 90 % de la population d’Accra, mais seulement un tiers des foyers environ est raccordé au réseau et, même pour ces usagers, l’approvisionnement est dans bien des cas irrégulier. Beaucoup de ménages doivent ainsi se fournir en eau pour les travaux ménagers ou la toilette auprès de camions citernes ambulants, et acheter leur eau potable à des producteurs privés. Mais ceux qui n’ont pas de place pour stocker l’eau, à commencer par les pauvres, paient davantage pour s’approvisionner, comme l’explique Beatrix Allah-Mensah, spécialiste du développement social à la Banque mondiale qui est notamment chargée de ce dossier de l’eau. « C’est très coûteux de se procurer l’eau de cette façon, d’un jour sur l’autre », dit-elle. « L’alimentation en eau des foyers est un gros problème, même à Accra. » Dans la capitale ghanéenne, l’offre est tout simplement insuffisante pour satisfaire la demande. « Il y a encore moyen d’améliorer énormément de choses pour assurer une meilleure distribution de l’eau », souligne pour sa part Ventura Bengoechea, un expert en eau et assainissement à la Banque. « Mais au bout du compte, il faut davantage d’eau pour alimenter tout le monde 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. » Nouveau pays à revenu intermédiaire Principalement à la suite d’un changement de la base utilisée pour le calcul de son PIB, le Ghana est depuis peu passé au rang de pays à revenu intermédiaire. L’aide extérieure qu’il a reçue, notamment, de l’Association internationale de développement (IDA), le guichet de la Banque mondiale destiné aux pays les plus pauvres, lui a permis de réduire la pauvreté et de se moderniser au cours des dix dernières années. Mais beaucoup de ses habitants continuent de vivre dans la pauvreté, et il a encore d’importants objectifs à atteindre en termes de développement. Le manque de ressources en eau est l’un des facteurs qui ont amené ses dirigeants à estimer à 1,6 milliard de dollars par an environ l’investissement en infrastructure qu’ils devront consentir sur une période de dix ans pour parvenir au niveau de services qui se doit pour un pays à revenu intermédiaire. Des mesures ont déjà été engagées pour cela dans le secteur de l’eau : le gouvernement compte ainsi doubler la capacité de la station de captage et de traitement de l’eau de Kpong pour accroître de l’ordre de 150 millions de litres l’approvisionnement journalier de la zone métropolitaine d’Accra, et a récemment conclu avec la Banque export-import de Chine un accord portant sur un prêt concessionnel d’un montant de 270 millions de dollars pour ce projet. Le Ghana a par ailleurs fait appel à la Banque mondiale pour aider à mettre en œuvre un projet d’eau et d’assainissement, d’un montant de 75 millions de dollars, qui se donne de renforcer la distribution d’eau en mettant tout particulièrement l’accent sur les populations les plus vulnérables. Accès à l’eau potable pour 1,6 million de Ghanéens La Banque mondiale et d’autres partenaires, dont la Banque africaine de développement, les Pays-Bas et l’Agence canadienne de développement international, ont entrepris d’aider les autorités ghanéennes à accroître l’accès à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement améliorés (toilettes, latrines, réseaux d’égouts et fosses septiques) dans les zones urbaines et rurales. Grâce à ces efforts, le pays progresse de façon régulière vers la cible fixée par les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) pour l’accès à l’eau potable. Selon l’étude publiée en 2009 par la Banque sous le titre Infrastructures africaines : Une transformation impérative, le Ghana est en effet l’un des quatre seuls pays d’Afrique subsaharienne (dont deux à faible revenu) à être en voie d’atteindre cette cible d’ici l’échéance de 2015. Selon le Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, le niveau d’accès de la population ghanéenne à l’eau potable a atteint 82 % en 2008, alors qu’il n’était que d’environ 50 % en 1990. Et grâce aux projets en cours d’exécution ou récemment achevés avec l’appui de la Banque mondiale, ce sont au total 1,6 million de Ghanéens qui sont appelés à pouvoir bénéficier de l’eau potable. Tous ces projets ont été financés au moyen de dons ou de crédits concessionnels de l’IDA. Le premier, appelé Projet d’alimentation en eau et d’assainissement des petites localités, a permis de fournir une alimentation en eau (d’origine essentiellement souterraine) et des installations sanitaires à 500 000 et 50 000 personnes, respectivement. Le Projet d’alimentation en eau et d’assainissement durable en milieu rural, récemment approuvé, doit quant à lui assurer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour 600 000 personnes vivant en milieu rural ou dans des petites localités. Quant au Projet d’hydraulique urbaine, en cours d’exécution, il est censé assurer l’alimentation en eau potable de 500 000 pauvres vivant en milieu urbain, et accroître le nombre de ménages à faibles revenus raccordés au réseau d’eau courante de la ville d’Accra. Accès à l’assainissement : Un nouvel enjeu Mais pour le Ghana, le tableau est moins prometteur en matière d’assainissement. En près de 20 années, le niveau d’accès de sa population à des services d’assainissement est en effet passé de 7 % à 13 % seulement — l’un des plus faibles taux recensés en Afrique, selon le Programme commun OMS/UNICEF. Comme l’explique l’expert de la Banque dans ce domaine, M. Bengoechea : « La priorité, dans le passé, a été donnée à l’eau. Le nouvel enjeu est à présent l’assainissement, qui revêt encore plus d’importance avec le déplacement des populations des zones rurales vers les villes. » En milieu rural, poursuit-il, il y a généralement l’espace voulu pour mettre en place des latrines et autres sanitaires, ce qui n’est pas souvent le cas en milieu urbain, surtout dans les zones de taudis. Du fait de ce manque d’espace, la solution adoptée dans beaucoup de zones urbaines a été la construction de toilettes publiques comprenant une vingtaine de cabines chacune. Bien que cela contribue légèrement à réduire le problème, ce n’est pas considéré comme un progrès au regard des critères fixés par les ODM, car ces installations servent à plusieurs familles à la fois — cela explique en partie pourquoi le classement du Ghana dans ce domaine reste si bas. « Dans les zones urbaines », poursuit M. Bengoechea, « il faudrait peut-être avoir le tout-à-l'égout dans certaines zones à forte densité, ce qui n’est pour ainsi dire pas le cas au Ghana. Et il s’agit d’améliorer l’exploitation et l’entretien des stations d’épuration publiques, des sanitaires en place au niveau des ménages, et des toilettes communautaires. » | ||
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