| "Cette relation aurait d'ailleurs eu l'assentiment de l'époux mourrant." |
Gilbert Strauss, le géniteur de DSK, a en effet eu deux pères. Le premier, son père biologique, s'appelait Gaston Strauss et était issu d'une famille juive d'Alsace. Victime des gaz allemands pendant la première Guerre mondiale, il va mourir en 1934. Mais pendant son agonie, son épouse Yvonne Strauss, la grand-mère de DSK, s'est liée d'amitié puis d'amour avec un autre homme : Marius Kahn, un cousin de Gaston venu vivre en France. Cette relation aurait d'ailleurs eu l'assentiment de l'époux mourant : il fallait laisser Yvonne avec un mari et Gilbert avec un père à sa mort. Dans les mois qui suivirent son décès, Yvonne Strauss se remariera donc avec Marius Kahn. Le seul véritable grand-père que DSK ait jamais connu.
DSK a des racines ashkénazes par son père alsacien et sépharades par sa mère tunisienne. De quoi avoir une relation particulière avec la religion juive. Ses parents, Jacqueline Fellus et Gilbert Strauss, se sont rencontrés à Paris après guerre. Elle était journaliste pour la gazette socialiste Gavroche et il travaillait au service juridique du PS. Mariés en 1946, ils quittent la France pour Agadir en 1951, où Gilbert Strauss ouvrira un cabinet d'avocat. DSK a alors 2 ans. Malgré la forte communauté juive du Maroc, il y recevra une éducation très laïque.
| "C'est Anne Sinclair, après un mariage religieux, qui le ramènera à la judaïté." |
"Domi" a en effet grandi dans une famille où la religion était considérée comme une "antiquité" selon Michel Taubmann. Ses parents sont adeptes du "pilpoul", une méthode d'étude du Talmud qui laisse une large place à la contradiction. Le jeune DSK fera tout de même sa Bar Mitsva à 13 ans, puis s'éloignera presque totalement de la religion. C'est Anne Sinclair, après un mariage religieux, qui le ramènera à la judéité. Il y a quelques années, selon un récent article de Libération, DSK aurait déclaré à Tribune juive "se lever chaque matin en se demandant comment il pourrait être utile à Israël". Une tirade, dont il craignait qu'elle soit, tôt ou tard, utilisée contre lui.
Dominique Strauss-Kahn n'a pas toujours été le représentant de l'aile libérale du PS qu'on connaît. L'homme a d'ailleurs été amené à la politique par le marxisme. Dans ses premières années d'études, le jeune Strauss-Kahn est en effet attiré par le Parti communiste. Et même si cette page est vite tournée, ses premières interventions télévisées portent encore des stigmates de cette époque où la redistribution des richesses faisait partie de ses obsessions. DSK adhèrera finalement dans les années 1970 au Cérès de Jean-Pierre Chevènement... A la gauche du Parti socialiste.
| "DSK aurait changé de paradigme en découvrant Keynes et en 'apprenant l'économie'." |
DSK aurait changé de paradigme en découvrant Keynes et en "apprenant l'économie" selon Le Point. Ses deux mémoires universitaires "Économie de la famille et accumulation patrimoniale" et "Imposition et équité : une approche du bénéfice", en font vite un expert reconnu. Pour son image, le véritable tournant aura lieu quant à lui en 1997, avec sa nomination au ministère de l'Economie. Décomplexé, DSK s'y montrera très proche des patrons, au risque de heurter son Premier ministre Lionel Jospin et ses collègues socialistes. Il était déjà, à l'époque, un membre important du "Cercle de l'Industrie", un lobby d'entrepreneurs.
On dépeint souvent Dominique Strauss-Kahn comme un homme politique brillant, extrêmement prometteur. Mais on le constate avec stupeur aujourd'hui : l'homme a toujours été ralenti dans son parcours par des obstacles liés à sa personnalité. Surdoué, DSK serait aussi un dilettante trop sur de lui, hédoniste, manquant parfois de volonté. De fait, bien des projets auront laissé un goût d'inachevé à ses proches. A 27 ans, malgré Science Po et HEC, DSK rate par exemple le concours d'entrée à l'Ena. Manque de conviction diront certains...
| "A 27 ans, malgré Science Po et HEC, DSK rate le concours d'entrée à l'Ena." |
Dix ans plus tard, en 1986, Dominique Strauss-Kahn est parachuté en Haute-Savoie aux législatives. Mais très mal accueilli par la base, il ne convainc pas et doit être imposé par la rue de Solférino. Il quittera sa circonscription à peine deux ans plus tard pour Sarcelles. La légèreté, commente-t-on alors... Légereté encore en 1999, lorsque le "superministre" de l'Economie sera stoppé dans son ascension par les affaires de la Mnef et de la cassette Mery. Deux dossiers qu'il n'aura pas assez pris au sérieux. En 2006, c'est encore la même erreur qu'il commettra avec Ségolène Royal. Celle-ci lui infligera un véritable camouflet lors d'une primaire qu'il était peut être trop certain de remporter.
En 1981, Lionel Jospin prend la succession de François Mitterrand à la tête du PS et DSK devient son conseiller. Commence alors une longue histoire d'amitié. Dominique Strauss-Kahn sera secrétaire national chargé des études et du programme, puis de l'économie et des finances jusqu'en 1989 au sein du parti (on lui prête notamment l'invention des 35 heures). En 1991, quand DSK se marie en catimini à Bercy avec Anne Sinclair, Lionel Jospin est son témoin. Et quand Jospin devient Premier ministre en 1997, DSK devient un membre clé de son gouvernement.
| "L'amitié, elle, sera définitivement brisée lors des primaires socialistes de 2006." |
Ces deux monstres politiques ont pourtant des tempéraments radicalement différents. L'un est ultra décontracté quand l'autre, pétri de rigueur protestante, est plus moralisateur. L'affaire de la Mnef et la démission de DSK de Bercy en 1999 sera un premier accroc dans leur parcours commun, suivi du couac du 21 avril 2002. L'amitié, elle, sera brisée lors des primaires socialistes de 2006. Tandis que Jospin rêvait secrètement d'un retour sur le devant de la scène, DSK aurait tenté dès le mois d'août 2005 de scruter ses intentions lors d'une visite à l'île de Ré. Face au silence de l'ancien Premier ministre, il choisit finalement de se lancer. Ce sera le clash. Les deux hommes ne se seraient jamais reparlés depuis.
Sa fortune n'a jamais été précisément chiffrée. Seule somme lâchée au détour d'un article : son salaire à TF1 à l'époque de 7 sur 7 frôlait les 33 000 euros par mois... Mais Anne Sinclair est surtout la petite fille du célèbre marchand d'art Paul Rosenberg, vendeur de Picasso et autres Matisse à Paris avant la guerre. Résultat : en épousant la journaliste, c'est à l'abri d'un patrimoine de plusieurs dizaines de millions d'euros que DSK s'est placé.
| "En 2007, DSK doit jouer la transparence au FMI : il gagnera 730 000 euros par an." |
L'aisance matérielle des Strauss-Kahn a d'ailleurs donné lieu à bien des spéculations. En 2007, DSK doit jouer la transparence dès son entrée au FMI : il gagnera 730 000 euros par an. Suivront les attaques contre ce représentant de la "gauche caviar" passé à la "finance mondialisée" et enfin la polémique de la Porsche. A un an de la présidentielle, DSK est photographié alors qu'il s'apprête à monter dans une Porsche Panamera. La voiture est à son conseiller en communication Ramzy Khiroun, mais en période de rigueur, l'image est embarrassante. Et elle relance la curiosité des journalistes. Juste avant le "Sofitel Gate", DSK avait porté plainte contre France Soir qui avait évoqué dans ses colonnes une commande de costumes "de 7 000 à 35 000 dollars" chez Georges de Paris, le tailleur de Barack Obama à Washington.
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| | DSK © Bing Maps | |
Entre Washington et Paris, les signes extérieurs de richesse passent aussi par la pierre chez les Strauss-Kahn. Après la nomination de DSK au FMI en 2007, le couple a acheté dans la capitale américaine une grande maison en briques rouges avec piscine, dans une petite impasse de Gorgetown, un quartier chic de Kennedy. Montant de l'acquisition : 4 millions de dollars. Quelques mois plus tôt, ils avaient acheté un superbe appartement de 240 mètres carrés Place des Vosges à Paris pour 4 millions d'euros, réglés comptant. Le couple a aussi habité dans un grand penthouse du XVIe arrondissement acquis par Anne Sinclair en 1990.
| "Un petit palais du XIXe siècle situé au bout d'une ruelle tortueuse dans la médina." |
Le couple Strauss-Kahn dispose enfin d'un riad à Marrakech. Celui-ci aurait été acheté par Anne Sinclair 500 000 euros en octobre 2000, grâce à une partie de ses indemnités de licenciement de TF1 (1,8 millions d'euros). Beaucoup de travaux y auraient été entrepris. Aujourd'hui, on le décrit comme un petit palais du XIXe siècle situé au bout d'une ruelle tortueuse dans la médina, à quelques pas de la casbah. D'après des descriptions du Point et de l'Express, l'édifice serait doté d'un jardin, de deux cours intérieures de 100 m² et d'une petite piscine.
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| | DSK © Solfé com. | |
DSK n'a eu de cesse de le répéter ces derniers mois : il déteste que l'on parle à sa place. Ce qui n'empêchait évidemment pas certains fidèles de jouer les portes parole en vue de 2012. A commencer par ses lieutenants au PS, Jean-Christophe Cambadélis et Pierre Moscovici. Ce dernier réunissait depuis plusieurs mois les troupes à intervalles réguliers en vue de 2012. Antonio Duarte, un architecte et urbaniste passé par le Modem, avait quant à lui fondé le "Club DSK" pour préparer la campagne sur Internet...
| "Ces 'quatre mousquetaires' sont depuis des années de toutes les 'opérations'." |
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| | DSK © IMF | |
Le secret a longtemps entouré la nomination de DSK au FMI en 2007. Souvent vue comme l'œuvre de Nicolas Sarkozy en pleine euphorie de l'ouverture, elle est en fait le résultat d'une conversation téléphonique entre DSK et Jean-Claude Junker, le président de l'Eurogroupe, le 29 juin 2007. Tandis que le FMI est en crise et son directeur démissionnaire, le Luxembourgeois aurait simplement lancé au socialiste : "Pourquoi pas toi ?" C'est le même Junker qui, selon Libération, aurait ensuite présenté l'idée à Nicolas Sarkozy. On connait la suite.
| "Jean-Claude Junker aurait simplement lancé à Dominique Strauss-Kahn : 'Pourquoi pas toi ?'" |
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| | DSK © Solfé com. | |
Dominique Strauss-Kahn a eu trois femmes dans sa vie : Hélène Dumas d'abord, avec qui il aura trois enfants (Vanessa, Marine et Laurin), Brigitte Guillemette, dirigeante d'une grande société de communication avec laquelle il donnera naissance à Camille, et Anne Sinclair, la célèbre journaliste rencontrée en 1989 sur un plateau de télévision. L'idylle, connue de longue date de la sphère politico-médiatique, mettra du temps à gagner le grand public. Pour leur mariage le 26 novembre 1991, en plus d'une cérémonie ultra secrète, ils bénéficieront d'une dispense de publication des bans.
| "On parle d'abord du 'séducteur', du 'dragueur', puis de visites régulières dans des 'clubs', à Paris." |
Mais l'histoire de DSK avec les femmes de s'arrête pas là. A mesure que l'homme politique s'affirme, ses mœurs libertines sont dévoilées. On parle d'abord du "séducteur", du "dragueur", puis de visites régulières dans des "clubs", à Paris. Plus grave : en 2002, Tristane Banon, une journaliste qui avait voulu interviewer DSK, l'accuse d'agression... sans jamais porter plainte. En 2008, c'est une relation avec une subordonnée du FMI, Piroska Nagy, qui fera scandale. En vue de 2012, DSK savait que ces "aventures" pouvaient lui causer du tort. Conscient que la droite l'attendait au tournant, il aurait confié fin avril à des journalistes de Libération craindre une machination sexuelle contre lui...
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