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Tabu Ley Rochereau, le monument de la musique congolaise a fêté dernièrement ses 70 ans d’âge. Le journaliste Bazakana qui édite aujourd’hui à Paris la revue « Ebène Magazine » a été un de ses plus proches collaborateurs qui a passé de bons et mauvais moments avec l’artiste aujourd’hui en rééducation en France. Tout le monde compatît à ce qui lui est arrivé. Pendant près de vingt ans donc, Bazakana, qu’on appelle « B.B », avait noté et écrit sur lui. Et parmi ses notes il nous livre ici un extrait volet politique de l’artiste.


  • De 1965 à 1970. Imbroglio poliique au Congo : coup d’État de Mobutu (en 1965), création du C.V.R., Corps des volontaires de la République ; Tabu Ley chante Mobutu, grâce à l’espoir que ce dernier suscita, dans la chanson « 5 ans, Mobutu akotelemisa Congo ». Le journal parlé démarrait avec cette chanson de Rochereau.
  • Sommet de l’OUA à Kinshasa. Il faut un hymne. On fit appel aux auteurs-compositeurs congolais. Rochereau remporta haut la main ce concours par le sens profond du texte devant Franco et Bombenga avec la chanson « Congo nouveau, Afrique nouvelle » qui fut symbolique et révélatrice de son talent.
  • Les pendaisons de MM. Bamba, Kimba, Anany et Mahamba, en 1966 et l’assassinat de Pierre Mulele (en 1968), obligea Tabu Ley à prendre ses distances avec le pouvoir ; il chante « Humanité méchante » et « Kashama Nkoy » . Quelques mois après, commencèrent ses ennuis avec les politiques, ou plus précisement avec l’entourage du président Mobutu. Le point de départ fut l’immortalisation d’un des ressortissants de la province de Bandundu, M. Kashama Nkoy, conseiller à la présidence de la République et dont la mort n’a jamais été élucidée. Ayant constaté que Tabu Ley Rochereau avait pris ses distances avec le pouvoir, les ennemis de Rochereau Tabu Ley déclenchèrent l’opération « zolo » (allusion au nez de Tabu Ley), commanditée au plus haut sommet de l’État. À cette époque, le secrétaire particulier du président Mobutu, le capitaine Denis Ilosono, le « millionnaire » propriétaire de la société « Socedibo », les éditions « Boboto » et le dancing-bar « Engel’s », devenu plus tard « Un-Deux-Trois », pour le déstabiliser, rafle les musiciens à Rochereau pour la création du groupe musical « Festival des Maquisards ». Ces musiciens, dont Sam Mangwana, chantent « Opération zolo ».

Ce fut un coup dur pour Rochereau. Le capitaine Denis Ilosono offre à ses musiciens des "scooters" de marque « Vespa ». Rochereau réplique dans « Kossou Kossou » (devenu « Songi Songi » à la sortie du 45 tours) faisant allusion à la maladie dont le capitaine Ilosono souffrait dont on disait qu’il s’agissait de la tuberculose. Il prolongea sa satire dans « Pic nic ya N’Sele » où Rochereau lance « asombeli boyi (dixit le musicien) Vespa mpo atindaki ye ba courses » ...

S’ensuivront les menaces physiques, enlèvements et tortures pour Tabu Ley Rochereau. On invente des histoires dont celle qui veut qu’il soit l’amant de la défunte Mama Mobutu. Il tente un exil auCongo-Brazzaville. Le président N’Gouabi l’accueille et le défend. Même la Radio Télévision congolaise ... Rochereau ne connut le calme qu’à l’arrestation du capitaine Ilosono par son patron, le président Mobutu. Ilosono perd « Engel’s » cédé par le pouvoir à Franco Luambo qui, après avoir effectué des travaux, le rebaptisa « Un-Deux-Trois ». Tabu Ley n’aime pas soulever ce pan douloureux de sa vie. (Extrait du livre « Dans les coulisses de Rochereau » , par Paul Bazakana, à paraître bientôt.|Paul Bazakana "B.B"


 
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