La Côte d’Ivoire reste, à bien des égards, le véritable poumon migratoire de l’Afrique de l’Ouest. Ici, les routes, les marchés et les villages racontent une histoire commune : celle d’un pays devenu terre d’accueil et carrefour des peuples.
À l’heure où les débats sur les frontières, les identités et les équilibres sociaux se durcissent, un chiffre frappe de plein fouet : plus d’un habitant sur cinq vivant sur le sol ivoirien est d’origine étrangère. Ce n’est pas une statistique anodine. C’est un fait brut, implacable, qui rappelle à quel point l’économie, la culture et même la politique ivoirienne se construisent aussi avec l’apport venu d’ailleurs.
Faut-il y voir une menace ou une force ? Dans les champs de cacao, sur les chantiers ou dans les quartiers populaires d’Abidjan, la réponse est visible : cette présence est une réalité vitale. Elle bouscule, elle interpelle, mais elle alimente aussi le moteur ivoirien.
La question n’est donc pas de savoir si la Côte d’Ivoire peut vivre sans ses migrants, mais comment elle choisira d’organiser cette cohabitation. Car au fond, l’histoire de ce pays montre une évidence : sa richesse est indissociable de son ouverture.
Urbain KADJO
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