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"Le peuple de Côte d'Ivoire s'est prononcé, on ne peut plus clairement. Le Conseil constitutionnel n'avait pas ce pouvoir qui s'est attribué au sens où il ne peut pas modifier les résultats, encore moins inverser les résultats au point de désigner le nouveau  président de la République. » C’est en ces termes que Francis Wodié président du Pit répond au putsch électoral de l’ex président Laurent Gbagbo. Hier mercredi l’éminent juriste était l’invité de Rfi. Il a porté un regard sur la situation post électorale actuelle."

 

 

Francis Wodié bonjour qui a gagné les élections selon vous ?

 Selon nous c’est bien Alassane Ouattara sur la base des chiffres qui sont connu de tous. Le peuple de Côte d’Ivoire s’est prononcé on ne peu plus clairement, le conseil constitutionnel n’avait pas ce pouvoir qu’i s’est attribué au sens où il ne peut pas modifier les résultats encore moins  inversé les résultats au point de désigner le nouveau président de la République. Alors quand l’un des candidats dit que c’est le conseil qui nous a désigné. Le Conseil Constitutionnel ne désigne personne, c’est le peuple de Côte d’Ivoire qui designe.

Alors depuis un mois la Cedeao tente de convaincre Laurent Gbagbo de partir mais en vain. Qu’est ce qu’il faut faire ?  

Il faut obtenir qu’il quitte le pouvoir pacifiquement. Nous espérons aujourd’hui encore que Gbagbo Laurent aura compris que l’intérêt du peuple commande qu’il prenne au plutôt  la décision de quitter le pouvoir présidentiel que le peuple vient de confier à un autre. C’est le jeu de la démocratie qui implique l’alternance.

Est-ce que vous contre ou pour une intervention militaire de la Cedeao ?

A priori non ! Je ne suis pas favorable à une intervention militaire parce que les problèmes politiquent on les règles politiquement. L’option militaire doit être écartée. Autant que possible il faut appuyer sur le levier des discussions et des pressions pour amener Gbagbo à la raison, pour dire que tout un pays ne peut être suspendu à la volonté d’un seul homme et son groupe.

Beaucoup de personne disent que ce n’est pas une puissance étrangère fut-elle africaine  d’imposer un président à la Côte d’Ivoire ?

Bien sûr, Wodié son parti et tous les autres n’accepteront jamais qu’un chef d’Etat étranger puisse imposer au peuple de Côte d’Ivoire son président. Le peuple de Côte d’Ivoire s’est prononcé clairement, la communauté internationale  ne fait que prendre acte de la décision prise par le peuple de Côte d’Ivoire, elle ne désigne personne.

En Afrique et dans la diaspora comme en France il y a un certain nombre d’intellectuels  africains soutiennent Laurent Gbagbo parce qu’ils disent non à la communauté internationale. Qu’est ce que vous en pensez ?

On déplace le problème .Le problème n’est de savoir  si la communauté internationale va imposer sa volonté à la Côte d’Ivoire. Nous voulons voir la volonté du peuple  Côte d’Ivoire s’imposer à nous tous en commençant par Gbagbo Laurent.

Ce débat Gbagbo –Ouattara traverse votre propre parti, le parti ivoirien des Travailleurs, puisse que certains nombre de vos camarades ont rejoint le camp Laurent Gbagbo. Pour eux celui-ci est un révolutionnaire, vous trahissez sa cause ?

Vous savez le PIT et le Fpi, Wodié et Gbagbo formaient une alliance, une coalition dès la naissance des deux partis en 1990. Et puis  une certaine pratique a commencer progressivement à établir une distance entre lui et nous. Et aujourd’hui  nous nous considérons que la politique qui conduite par le camp Gbagbo Laurent et la pratique sont aux antipodes de ce que doit être un parti de gauche. Un parti respectueux de la volonté du peuple. C’est une politique clanique.

Mais au deuxième tour beaucoup de gens n’ont pas  compris pourquoi le socialiste Wodié soutenait le libéral Ouattara contre le socialiste Gbagbo. Ils ont dit que vous tourner le dos à votre engagement politique ?

D’un certain point de vue on peut le dire. Mais en l’espèce on n’a pas en présence deux politiques : Une politique libéral d’un côté et une politique socialiste de l’autre. Dans ce qui nous est donné de voir à travers la pratique et la politique de Laurent Gbagbo, ce n’est pas du socialisme, c’est tout à l’opposé. Ce n’est pas l’œuvre   d’un homme de gauche qui reproduit le culte de la personnalité et nous pensons qu’avec Ouattara dont nous connaissons la doctrine, il y aura un mouvement, les choses vont commencer à bouger un petit peu pour la reconstruction de la Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo et vous été longtemps des camarades socialistes, est ce que pour vous la majorité des voix est une fin en soit est ce que vous ne pensez plutôt  que si comme  c’est l’avant-garde révolutionnaire ?  

C’est ce que nous pensions. Si on veut faire la révolution on renonce à utiliser les élections. L’élection a ses règles. Si on veut aller aux élections pour refuser le verdict du peuple autant ne pas y aller. C’est une tendance qui menace toute l’Afrique. On a le sentiment que certains pensent que l’élection n’est pas la décision prise par le peuple. C’est un moyen pour négocier la conquête et la conservation du pouvoir, alors où va-t-on dans ces conditions là.

Vous vous rappeler Francis Wodié, lors du débat télévisé Gbagbo –Ouattara le 25 novembre, Laurent Gbagbo a eu cette phrase «  Moi dans l’adversité, je résiste je ne fuis pas » , est ce que ce n’était pas prémonitoire ? 

Oui ! Mais l’adversité n’est pas reporté à soit, c’est l’adversité du peuple. Quand le peuple est dans l’adversité le minimum que chacun doit faire c’est de respecter la volonté du peuple. Autrement on expose la Côte d’ivoire à la violence, peut être à une nouvelle guerre.

Et si demain des soldats arrivent au palais présidentiel pour déloger Laurent Gbagbo, pensez vous que celui-ci résistera ?

Je pense qu’il va résister. Il est dans une logique  qui l’a armé à considéré la Côte d’Ivoire comme coïncident avec sa personne. Et ça on le retouche les relents des régimes monarchiques et autocratiques

 Ses partisans disent que ce n’est pas le monarque qui s’identifie avec son pays mais le militant qui s’identifie avec le combat pour la libération de la Côte d’Ivoire ?     

La libération de la Côte d’Ivoire nous l’a voulons tous. Ce sont les ivoiriens qui prenne la décision. Il n’y pas de trimilogie qui viendra offrir aux ivoiriens cette liberté qui serait tombé du ciel. La liberté ne pourra jamais exister que si je reconnais celle des autres, en commençant par là. Une autre, celle du peuple de Côte d’Ivoire.

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Tag(s) : #Interview
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