sraël, en forme longue l’État d’Israël, respectivement en hébreu יִשְׂרָאֵל (Yisrā'el) et מְדִינַת יִשְׂרָאֵל (Medīnat Yisra'el), en arabe إِسْرَائِيلُ (Isrā'īl) et دولة إسرائيل (Dawlat Isrā'īl), est un pays du Proche-Orient situé sur la côte orientale de la Méditerranée. Depuis sa déclaration d’indépendance et sa reconnaissance internationale en 1948, il se définit comme l’État du peuple juif, héritier de l'Israël biblique et du royaume de Juda.
L’État d’Israël est une démocratie de type parlementaire où le premier ministre, le leader de la coalition majoritaire, dans la mesure où les élections n’ont pas permis de dégager un parti majoritaire, tient le rôle de chef du gouvernement. La Knesset, parlement israélien, est élue au suffrage universel pour une durée de 4 ans. La Cour suprême d’Israël est la plus haute instance juridique du pays. Elle est en charge du contrôle de la constitutionnalité des lois et du contrôle juridictionnel des décisions du gouvernement.
L’économie d’Israël se classe au 41e rang mondial (classement selon le PIB nominal) et son PIB/hab. est l’un des plus élevés de la région (de l’ordre de grandeur de celui des émirats pétroliers du Golfe). Son indicateur de développement humain se situe au premier rang au Proche-Orient. Israël a intégré l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis 2010.
Jérusalem est la capitale de l’État d’Israël, non reconnue internationalement. Tel Aviv est le centre diplomatique, économique et financier du jeune État, elle est aussi le cœur d’une agglomération appelé le Gush Dan qui compte plus de 3,3 millions d’habitants. La région de Haïfa au Nord, quant à elle, constitue la principale région industrielle du pays et abrite l’un de ses principaux ports.
Israël est bordé au nord par le Liban et la Syrie, à l’est par la Jordanie et la Cisjordanie et au sud ouest par l’Égypte et Gaza. Bien que de taille relativement réduite, l’État d’Israël présente des caractéristiques climatiques et géographiques assez variées.
Israël est le seul État au monde où la population est majoritairement juive (75,5 %). D’autres minorités ethniques sont également très présentes en Israël en particulier en Galilée : Arabes (20,4 %), Druzes (moins de 2 %[5]), Samaritains, Bédouins, etc.[6]
Depuis son indépendance en 1948, l’État d’Israël a été engagé dans plusieurs conflits armés avec les pays arabes voisins et/ou des organisations non étatiques. Des traités de paix ont été signés avec l’Égypte et la Jordanie. Le pays reste impliqué dans le conflit israélo-palestinien, et a avec ses deux voisins au Nord, le Liban et la Syrie des contentieux territoriaux non résolus à ce jour.
Nom
La première mention d’Israël apparaît sur la stèle de Mérenptah vers 1200 avant J.-C. Cette stèle comporte un hymne célébrant la paix entre l’Égypte de Merneptah et Canaan :
— Stèle de Mérenptah.
Israël y apparaît comme une population du pays de Canaan qui habitait dans une partie de la Cisjordanie centrale.
La tradition biblique rapporte l’origine de ce nom dans le livre de la Genèse, quand le troisième des patriarches hébreux, Jacob, est renommé Israël (Celui qui lutte avec Dieu[7]) après avoir combattu avec un ange de Dieu. Jacob étant considéré comme le père des douze tribus qui sortirent d’Égypte, la nation biblique constituée est connue sous le nom des « enfants d’Israël » ou « Israélites ».
Comme décidé dans la déclaration d’indépendance, l’État moderne créé en 1948 a pris pour nom Israël, rejetant les possibles autres noms de Sion ou Judée[8], et ses citoyens sont israéliens.
L’histoire de cet État s’inscrit dans le cadre de l’histoire du peuple juif et dans la continuité de l’histoire du sionisme. Son indépendance est vue par ses pères fondateurs comme la mise en œuvre des promesses de la Déclaration Balfour de 1917 et du plan de partage de la Palestine approuvé par l’ONU en 1947.
Les premières années du pays sont marquées par l’arrivée des rescapés de la Shoah et d’importantes vagues d’immigration juive en provenance de nombreux pays du monde, en particulier les réfugiés fuyant les pays arabes puis à partir des années 1970, les Juifs d’Union soviétique.
La Terre d’Israël, appelée « Eretz Yisrael » en hébreu, est considérée comme étant la terre sacrée du peuple juif depuis les temps bibliques. D’après la Torah, la Terre d’Israël fut promise aux trois patriarches du peuple juif, par Dieu, en tant que patrie du peuple juif. Les historiens situent cette période aux alentours du début du deuxième millénaire avant J.-C.[9] Selon la Bible, les premiers royaumes et États israélites s’établissent alors dans la région. Ces Royaumes gouverneront la région pendant un millénaire successivement interrompu par de nombreuses invasions. Les sites sacrés et les quatre villes saintes du Judaïsme, chacune associée aux 4 symboles (Jérusalem - feu, Hébron - terre, Safed - air, Tibériade - eau)[10] se situent en Terre d’Israël.
Entre la période des royaumes israélites et la conquête musulmane au VIIe siècle après J.-C., la Terre d’Israël tomba aux mains successives des Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains, Sassanides et Byzantins. Cependant, la population majoritairement juive commencera à décliner après la guerre contre l’Empire romain lors de la Première Guerre judéo-romaine entre 66-73 après J.-C. puis la seconde guerre judéo-romaine (Guerre de Kitos)[11] et la Révolte de Bar Kokhba en 132 après J.-C. qui provoquera l’exil forcé d’une majorité d’entre eux et la nouvelle appellation de la région en province de Syrie-Palestine et plus tard Palestine afin d’essayer d’effacer le lien entre le peuple juif et la Terre d’Israël[12]. En 628-629 après J.-C., une révolte juive contre l’empereur byzantin Héraclius conduira à un massacre massif et à l’expulsion totale des Juifs de la région. La population juive de la région se réduisit considérablement et atteignit probablement son point le plus bas. Toutefois, une présence juive minoritaire se maintint continuellement.
Le centre de la population juive se déplaça de Judée (Jérusalem et région au sud de Jérusalem) en Galilée (région de Tibériade) dès le Ier siècle, suite à l’occupation romaine de Jérusalem. La Mishnah et des parties du Talmud et le Talmud de Jérusalem, qui sont, hormis la Torah parmi les plus importants textes du judaïsme, furent composés en Israël durant cette période. En 636 après J.-C., la Terre d’Israël fut prise par les Arabes musulmans. Le contrôle de la région échut aux Omeyyades, puis aux Abbassides. La région fut gouvernée un temps par les Croisés principalement francs de 1099 à 1260 date à laquelle la région tomba aux mains des Mamelouks.
n 1516 sous le règne de Soliman le Magnifique, la Terre d’Israël (appelé Filistin Sancağı, Sancak de Palestine à cette époque) fit partie intégrante de l’Empire ottoman qui gouverna la région jusqu’au début du XXe siècle à l’exception de la courte invasion de troupes françaises par Napoléon dont certains disent qu’il envisagea la création d’un État juif sous protection française en Palestine[13]. La fin de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale placera la région sous administration (1917) puis mandat britanniques (1922) après accord de la Société des Nations. Bien que très difficilement estimable, la population de la région entière de Palestine s’établirait aux alentours de 400 000 habitants au XIXe siècle dont 100 000 à 200 000 selon les sources de l’époque (Recensement turc et démographes contemporains) à l’intérieur des limites du futur État d’Israël en 1893[14], soit environ entre 4 et 9 habitants au km2 contre 357 habitants au km2 en 2009[réf. souhaitée].
| Peters | Cuinet | Recensement turc |
|---|---|---|
| 92 000 habitants | 186 000 habitants | 198 000 habitants |
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