Suite à la défaite de l’Empire ottoman, lors de la Première Guerre mondiale, en 1917, les Britanniques occupent la Palestine. Le Mandat britannique dura de 1917 à 1948, date du partage effectif de la Palestine entre les populations juive et arabe. La politique britannique dans la région favorisa tantôt les Juifs (principalement au début du mandat), tantôt les Arabes (en particulier lors de la seconde guerre mondiale) dans un jeu d’équilibre qui aboutit à l’affrontement généralisé entre les deux groupes ethniques et le rejet des britanniques par les deux camps.
Un premier vote a lieu le 25 novembre 1947. Il ne manque qu’une voix pour que le partage soit accepté. Puis, le 29 du même mois, l’ONU (Nations unies) vote le Plan de Partage en deux États, l’un juif, l’autre arabe. Trente-trois pays votent « pour », treize « contre », et dix s’abstiennent[15]. Le lendemain, la guerre civile éclate en Palestine.
La déclaration d’indépendance de l’État d’Israël est lue le 14 mai 1948 le dernier jour du retrait des forces britanniques, par le président de l’Agence juive, David Ben Gourion, qui devient le premier premier ministre du nouvel État.
Les pays arabes voisins lui déclarent immédiatement la guerre et envahissent la Palestine le jour-même. Israël affronte les armées de 5 pays arabes[16] lors de la guerre israélo-arabe de 1948. Au cours de courtes périodes de combats entrecoupées de trêves, Israël agrandit les territoires sous son contrôle. En 1949, plusieurs armistices sont signés entre Israël et ses voisins. Tout d’abord avec l’Égypte, le 12 février 1949 qui occupe la bande de Gaza, le Liban le 23 mars 1949 sur la ligne bleue, la Jordanie le 3 avril 1949 qui annexe la Cisjordanie et la partie est de Jérusalem et qui procède à un échange de territoires avec Israël pour aboutir aux frontières actuelles appelées la ligne verte et enfin la Syrie, le 20 juillet 1949.
Pour les historiens palestiniens et arabes, ainsi que pour plusieurs historiens israéliens appartenant au groupe des nouveaux historiens, la création de l’État est marquée par l’expulsion de 725 000 Palestiniens[17].
Pour les historiens israéliens, les réfugiés arabes (au nombre de 520 000) ont fui pour plusieurs raisons. Une majorité s’est enfuie volontairement, répondant aux appels de dirigeants arabes tels que le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, le Haut Comité arabe (organe politique central de la communauté arabe de Palestine)[18] et la Ligue arabe qui leur promettaient un retour rapide après la victoire. Une autre partie s’est enfuie, suite à l’émigration des élites et chefs locaux avant la guerre. D’autres encore ont fui suite à la défaite[19],[20].
Suite à la création de l’État d’Israël, 900 000 réfugiés juifs des pays arabes fuient ou sont expulsés des pays arabes[18]. Parmi eux, 600 000 affluent en Israël à la suite de violences anti-juives et pogroms en Syrie, Égypte et Irak en particulier[21],[22],[23],[24],[25].
Lors de la conférence de Lausanne de 1949, Israël proposa le retour de 100 000 réfugiés en échange de la reconnaissance de l’indépendance d’Israël[26].
Les frontières du pays ont beaucoup évolué depuis le plan de partage de la Palestine de 1947 au gré des guerres israélo-arabes, des armistices et des traités de paix.
Certaines résolutions de l’ONU ont revêtu une importance capitale pour Israël, entre autres la résolution 181[27] qui soutient notamment la constitution d’un État juif, puis les résolutions 242 du 22 novembre 1967, suite à la guerre des Six Jours et 338 du 22 octobre 1973 du Conseil de sécurité, qui proposaient un cadre pour le règlement du conflit israélo-arabe.
À ce jour, la majeure partie des pays du monde, à l’exception de ceux du monde arabo-musulman, ont reconnu Israël en tant qu’État. Cette reconnaissance se produisit dans les jours suivant la déclaration d’indépendance du pays, le 14 mai 1948, et lorsqu’Israël fut admise à l’ONU.
Parmi les États du monde arabo-musulmans, tous les pays votèrent contre le Plan de partage de 1947. Depuis, seules l’Égypte (en 1982), l’Autorité palestinienne (en 1993)[28],[29], la Jordanie (en 1994)[30] et la Mauritanie (en 1999)[31] ont reconnu l’État d’Israël. La Mauritanie a rompu ses liens diplomatiques avec Israël en mars 2009 suite à la Guerre de Gaza[32].
Parmi les autres pays musulmans, la Turquie maintient des relations diplomatiques avec Israël. Israël entretenait également des bonnes relations diplomatiques avec l’Iran, avant la Révolution Islamique de 1979.
La Syrie, l’Iran d’après la Révolution Islamique et des groupes politiques comme le Hamas ou le Hezbollah ne reconnaissent ni l’existence ni la légitimité d’Israël et le désignent en tant qu’« entité sioniste » et refusent officiellement tout contact avec lui.
Organisation politique
Israël est une république parlementaire multipartite et une démocratie libérale qui a adopté le suffrage universel.
L’unique chambre de son Parlement est la Knesset dont les 120 membres siègent à Jérusalem et qui est renouvelée tous les 4 ans.
Le chef d’État est le président d’Israël qui n’a essentiellement qu’une fonction honorifique. Il désigne le Premier ministre dans le parti ou la coalition majoritaire à la Knesset afin que celui-ci compose son gouvernement.
Israël n’a pas de constitution écrite mais s’appuie sur les principes énoncés dans la Déclaration d’indépendance de 1948 et sur les 14 lois fondamentales adoptées par la Knesset. La Cour suprême est la plus haute instance judiciaire israélienne. Les jugements sont rendus par des juges professionnels laïcs. Des tribunaux religieux propres à chaque confession gèrent les questions matrimoniales.
Israël n’est pas membre de la Cour pénale internationale : le Statut de Rome, qui a créé cette institution, a été signé par le gouvernement israélien le 31 décembre 2000, mais n’a pas été ratifié par la Knesset.
Économie
Ce pays se distingue par sa vie culturelle riche, son économie avancée industriellement et technologiquement, et son niveau de développement qui le situe au 22e rang mondial selon l’indicateur de développement humain de l’ONU (valeur 2008[33]), soit au premier rang des pays du Moyen-Orient et au troisième rang en Asie.
L’économie israélienne est un système capitaliste moderne d’un pays jeune et se caractérise par un secteur public relativement important et un secteur de la high-tech en croissance rapide depuis plus de dix ans. Les ressources naturelles limitées du pays et le haut niveau d’éducation des Israéliens ont joué en faveur du développement des technologies de pointe. Les entreprises israéliennes, principalement dans ce domaine, sont très appréciées sur les marchés financiers mondiaux. Israël est le troisième pays en nombre de sociétés cotées au NASDAQ (98 entreprises cotées) après les États-Unis et la Chine (116 entreprises cotées) et reçoit de gros investissements étrangers[34]. Le pays possède le plus grand nombre de start-ups au monde et ses dépenses en Recherche et Développement sont considérables. Cependant, malgré le bon développement économique du pays, 11 % de la population vit des rations distribuées par des organisations non-gouvernementales, d’après les réseaux intégrés d’information régionale (IRIN) de l’ONU[35].
/image%2F1486079%2F20220130%2Fob_45bf33_monument-com.jpg)