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Dans bien des foyers, l’argent n’est pas seulement un outil de survie, il est aussi un levier de pouvoir. Et c’est là que le bât blesse. Il suffit parfois d’un détail, une fiche de paie laissée traîner, un chiffre révélé au détour d’une conversation, pour bouleverser l’équilibre conjugal. Certaines femmes, pas toutes heureusement, changent d’attitude dès qu’elles découvrent qu’elles gagnent plus que leurs maris. Le respect, jusque-là affiché, s’effrite. L’obéissance, ou plutôt la considération que la tradition exigeait d’elles y devient soudain négociable.

Pourquoi ? Parce que dans l’imaginaire collectif, surtout en Afrique mais pas uniquement, l’homme demeure celui qui doit "porter la maison". Le patriarcat a bâti son autorité sur le contrôle financier. Or, dès que ce socle chancelle, la hiérarchie se renverse dans la tête de certaines femmes. Être mieux payée devient alors synonyme de "mieux placée". Le foyer se transforme en champ de bataille silencieux où les billets remplacent les arguments, et où la femme ne se contente plus d’être "partenaire", mais s’arroge une position de leader.

Derrière ce comportement se cachent trois vérités amères :

1. La culture de l’obéissance est conditionnée par l’argent. Beaucoup de femmes n’ont pas encore intégré l’idée d’un couple fondé sur la complémentarité, et non sur une domination financière.

2. Les hommes eux-mêmes sont responsables. En brandissant leur fiche de paie, certains maris pensent prouver leur transparence, mais se retrouvent involontairement à étaler leur faiblesse dans une société où le revenu définit encore la virilité.

3. Le respect se monnaye mal. Lorsqu’il est indexé au salaire, il perd son authenticité et révèle que le ciment du couple n’était pas l’amour ou la complicité, mais un rapport de force.

Heureusement, toutes les femmes ne tombent pas dans ce travers. De plus en plus, on voit émerger des modèles de couples équilibrés, où la fiche de paie n’est pas une arme mais un outil de gestion commune. Là, le mari n’a pas peur de reconnaître qu’il gagne moins, et la femme ne s’en sert pas pour humilier.

Mais le malaise demeure : tant que la société continuera d’associer masculinité à pouvoir économique, et féminité à soumission intéressée, chaque fiche de paie restera une bombe à retardement dans les tiroirs des couples.

Quand le salaire devient une arme invisible dans le couple

Dans bien des foyers ivoiriens, l’argent n’est pas seulement un outil de survie, il est aussi un levier de pouvoir. Il suffit parfois d’un détail – une fiche de paie laissée traîner, un chiffre révélé au détour d’une conversation, pour bouleverser l’équilibre conjugal. Certaines femmes, pas toutes heureusement, changent d’attitude dès qu’elles découvrent qu’elles gagnent plus que leurs maris. Le respect, jusque-là affiché, s’effrite. L’obéissance, ou plutôt la considération que la tradition exigeait d’elles, devient soudain négociable.

Quand tout bascule à cause d’un chiffre

Kouadio, 42 ans, fonctionnaire à Yamoussoukro, raconte son expérience avec amertume

 « Tout allait bien jusqu’au jour où elle a vu ma fiche de paie. Elle gagnait presque le double en travaillant dans une multinationale. Avant, on décidait ensemble. Mais depuis, elle me dit souvent : "Laisse, je vais gérer, tu n’as pas les moyens." Elle ne le dit pas méchamment, mais c’est comme une gifle à chaque fois. »

Pour lui, ce n’est pas tant l’argent qui fait mal, mais la perte d’autorité implicite qui en découle.

À Abidjan, dans le quartier de Cocody, Mireille, 35 ans, avoue sans détour :

 « Je respecte mon mari, mais je ne peux plus faire semblant. Si je paie la maison, l’école des enfants, et même les vacances, je ne vais pas encore rester derrière comme si c’était lui le chef absolu. L’argent change la donne, c’est la vérité. »

Une question de culture plus que de salaire

Dans l’imaginaire collectif ivoirien, l’homme demeure celui qui doit "porter la maison". Le patriarcat a bâti son autorité sur le contrôle financier. Or, dès que ce socle chancelle, la hiérarchie se renverse dans la tête de certaines femmes. Être mieux payée devient alors synonyme de "mieux placée".

Sociologue à l’Université Félix Houphouët-Boigny, Dr Ahoua Kouamé analyse :

« Ce n’est pas le revenu en soi qui détruit le couple, mais la représentation que l’on a de ce revenu. Dans une société qui associe l’homme au pourvoyeur principal, la femme qui gagne plus est perçue comme un "homme-bis". Certaines assument ce rôle et prennent le dessus, d’autres au contraire préservent l’équilibre. »

Le respect, prisonnier du salaire

Derrière ce comportement se cachent trois vérités amères :

1. La culture de l’obéissance est conditionnée par l’argent. Beaucoup de femmes n’ont pas encore intégré l’idée d’un couple fondé sur la complémentarité, et non sur une domination financière.

2. Les hommes eux-mêmes sont responsables. En brandissant leur fiche de paie, certains maris pensent prouver leur transparence, mais se retrouvent involontairement à étaler leur faiblesse dans une société où le revenu définit encore la virilité.

3. Le respect se monnaye mal. Lorsqu’il est indexé au salaire, il perd son authenticité et révèle que le ciment du couple n’était pas l’amour ou la complicité, mais un rapport de force.

Des contre-exemples qui rassurent

Tous les couples ne sombrent pas dans ce piège. À Bouaké, Armand, enseignant, gagne moitié moins que son épouse, cadre dans une banque. Pourtant, leur union reste solide.

 « Elle m’a dit clairement : ‘Mon argent, c’est notre argent’. Et moi aussi je ne me sens pas diminué. On a compris que le mariage, ce n’est pas un concours de fiches de paie. »

De plus en plus, on voit émerger ces modèles équilibrés, où la fiche de paie n’est pas une arme mais un outil de gestion commune. Là, le mari n’a pas peur de reconnaître qu’il gagne moins, et la femme ne s’en sert pas pour humilier.

Une bombe à retardement dans les tiroirs des couples

Mais le malaise demeure. Tant que la société continuera d’associer masculinité à pouvoir économique, et féminité à soumission intéressée, chaque fiche de paie restera une bombe à retardement dans les tiroirs des couples ivoiriens.

Car en vérité, le problème n’est pas que certaines femmes "désobéissent" dès qu’elles gagnent plus. Le vrai drame, c’est qu’on continue encore à penser le couple en termes de chef et de subordonné, plutôt qu’en partenaires égaux.

Gisèle AKA

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Le respect, prisonnier du salaire

Le respect, prisonnier du salaire

Tag(s) : #Société
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